Historique de la race
Le Shiba Inu, ce chien primitif rare au tempérament noble, trouve ses origines au pays du Soleil Levant, où il était utilisé pour chasser les petits oiseaux et les rongeurs.
Son nom provient de sa morphologie, « Shiba Inu » signifiant « Petit Chien » en japonais. On l’appelle également « chien de broussailles » par rapport aux buissons dans lesquels il chassait communément.
Un dicton asiatique déclare que le Shiba-Inu est 1/4 chien, 1/4 chat, 1/4 singe et 1/4 humain. Ces quatres identités se vérifient très bien dans ses différents traits de caractère.
Le Shiba Inu est un chien primitif, tout comme les autres membres de la cinquième section du Groupe 5 ( classification canine) où il est situé. Bien que non reconnues par la FCI, d’autres races sauvages sont aussi désignées comme primitives : le Dingo d’Australie, le Dingo de Nouvelle Guinée et celui d’Amérique (appelé aussi Carolina Dog).
Mais qu’est donc un animal dit « primitif » ? Employé de manière élogieuse, ce terme désigne des animaux robustes, indépendants, authentiques, natifs d’un territoire défini et, surtout, dont les caractéristiques générales n’ont pas été modifiées avec le temps. L’espèce n’aurait, pour ainsi dire, pas évolué depuis plusieurs millénaires.
Les chiens primitifs sont donc proches de leur plus vieil ancêtre : le loup. Mais dans le cas du Shiba, les origines sont plus complexes...
Grâce aux nouvelles technologies, les scientifiques disposent de nouveaux outils d’analyse et sont maintenant en mesure de donner des résultats fiables et vérifiables. De récents tests ADN, réalisés en 2005 ont démontré que les chiens japonais descendaient d’ancêtres venus d’Asie et de Corée à la fin du Pléistocène (période appelée plus vulgairement l’âge de glace) lorsque le Japon était encore relié au continent indien.
Les races nippones se sont ensuite beaucoup croisées entre elles depuis 2500 ans, de par la configuration insulaire de leurs territoires, ce qui explique qu’elles soient aujourd’hui si génétiquement proches.
Si tous les chiens domestiques descendent de Canis Lupus (le loup gris sibérien), les ancêtres spécifiques du Shiba Inu en sont de proches descendants :
- le loup japonais (Canis Lupus Hodophylax ou Honshu Wolf -de par sa répartition géographique-) aujourd’hui disparu
- le loup d’Hokkaido (Canis Lupus Hattai ou ezo-okami) désormais éteint, était plus volumineux que son cousin d’Honshu
- le loup coréen (Canis Lupus Coreanus) qui existe toujours
Le loup japonais, Hodophylax
Il faut savoir que, contrairement en Europe où il avait mauvaise réputation, le loup était très respecté et vénéré sur l’archipel oriental. Il put ainsi y prospérer, car il avait une image spirituelle forte de protecteur de la nature et de guide pour ceux s’égarant en forêt (comme, par exemple, dans le film d’animation Princesse Mononoké de Miyazaki).
Malheureusement, avec l’ouverture du Japon aux étrangers et l’augmentation de l’immigration, les traditions ancestrales disparurent peu à peu et le loup fut chassé, comme dans les autres cultures, jusqu’à son extinction. Le loup d’Hokkaido fut éradiqué en 1889 par les fermiers et les éleveurs, tandis que le frêle loup du Japon disparut en 1905, ses derniers représentants furent emportés par une épidémie de rage. Ne subsiste de cet animal que cinq spécimens naturalisés et conservés dans divers musées du monde.
Mais les japonais semblent remplis de remords quant à cette disparition tragique : certains font des rêves utopiques voyant le retour de l’ancêtre.
En attendant, un autre retour, de prime importance, a déjà eu lieu : celui du Jomon Shiba. Des éleveurs pleurant la perte des origines de leurs canidés nationaux, se sont réunis en créant le syndicat « Preservation Society for the Shiba Dog » ou « Shiba Hozonkai » dans leur langue ; avec pour but de redonner vie au Jomon Shiba, un chien très primitif qui avait pour la première fois foulé leurs terres il y a plus de 8000 ans.
Sa petite taille avoisinait celle des Shibas Inus actuels, dont il est d’ailleurs l’ancêtre (avec le chien Yayoi, venu de Corée il y a près de 1700 ans).
Le Jomon actuel, et une statue, reconstitution du Jomon originel
C’est à partir de reproductions grandeur nature du chien Jomon, obtenues suite à l’excavation des restes de plusieurs spécimens lors de fouilles, que des éleveurs experts ont pu reconstituer la race (notamment à partir de l’Akita Shiba, un chien de la province du même nom).
Ils lui ont cependant attribué un stop (arête nasale) légèrement plus plat que l’originel, afin de rapprocher légèrement ce chien du loup japonais (dont le stop était très plat). L’action fut consciente et réfléchie, et certainement réalisée pour rendre hommage au père des chiens nippons.
Le Jomon Shiba comparé au loup du Japon.
Mais arrêtons là cette parenthèse historique et recentrons-nous sur l’histoire récente de nos chiens préférés.
LE SHIBA INU AU XXème SIECLE
Les années 1900 virent l’arrivée de la chasse pour le « plaisir » au pays du soleil levant. Les étrangers aimant se distraire de la sorte firent venir leurs chiens de chasse. Le Shiba de pure race fut donc croisé avec ses cousins importés (comme le Setter) et failli disparaître en 1926.
C’est ainsi que certains amoureux de la race, des lettrés pour la plupart, créèrent le « Ken Hozonkai Nihon » en 1928. Le club, dont le but était de sauver le petit chien de l’exctinction, fut approuvé par le gouvernement japonais. L’animal fut d’ailleurs officiellement reconnu comme « patrimoine national » en 1936, ce qui lui offrit une protection supplémentaire.
Il existait à l’époque trois grandes variétés de Shibas dénommées par la région qu’ils peuplaient : le Shinshu Shiba ; le Mino Shiba et le San’in Shiba. Tous trois étaient semblables à l’origine, avant d’évoluer avec des légères différences du fait des spécificités de leurs environnements respectifs. Ils ont ainsi donné naissance aux races que nous connaissons actuellement, à savoir l’Akita Inu (chien presque physiquement identique à notre Shiba Inu, mais trois fois plus grand), le Kishu, Hokkaido, le Shikoku, le Kai et le Shiba Inu.
La Seconde Guerre Mondiale et sa barbarie sans nom, ainsi que les terribles bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945, réduisirent presqu' à néant les populations de Mino et de San’in.
Grand survivant, le Shinshu Shiba est désormais répandu à travers tout le japon, et l’arrière-arrière-arrière-arrière-arrière(…)-grand-père de nos compagnons d’aujourd’hui.
Devenu depuis un trésor national à la symbolique forte, le Shiba Inu a longtemps été jalousement conservé intra muros, à l’abri des étrangers. Son exportation était farouchement empêchée par les désirs conservateurs des éleveurs nippons qui ne souhaitaient pas partager cette richesse avec le monde extérieur. C’est seulement en 1954 que le premier couple arriva à s’expatrier aux Etats-Unis, tandis que la première présence française fut relevée en 1970 chez Mr et Mme Pailleron. Les trois dernières décennies du vingtième siècle virent sa présence s’étendre à de plus en plus de pays : la France, les Etats-Unis, la Belgique, le Canada, l’Italie, l’Australie, etc.
On peut dire qu’aujourd’hui le Shiba Inu a « modestement » conquis le Monde, car la race reste encore assez rare et méconnue. Il n’y en aurait que 800 individus sur notre sol.
Grâce à l’action de Shiba Passion, nous espérons que ces chiffres vont augmenter.