La stérilisation du chien, à faire ou pas ?
Que le chien soit mâle ou femelle, beaucoup de maîtres se demandent si oui ou non, ils doivent avoir recours à cette intervention. Cette opération apporte des avantages, mais aussi quelques inconvénients. Réfléchissez bien avant de prendre votre décision, car il vous sera bien évidemment impossible de revenir en arrière une fois l'acte effectué.
Le déroulement de la stérilisation différera selon le sexe de votre compagnon, mais sera plus lourde pour les femelles que pour les mâles.
Honneur aux dames, nous débuterons avec ces demoiselles.
LA STÉRILISATION DES FEMELLES
Sachez en premier lieu que, même si votre compagne peut également être opérée plus tard, il est préférable de la faire stériliser avant ses premières chaleurs (qui surviennent en général vers l’âge de sept mois chez les Shibas Inus) ; car les mamelles sont souvent le siège de tumeurs (chez les chiennes âgées non stérilisées) dont la probabilité d'apparition est réduite de 99% si la chienne est opérée avant ses premières chaleurs.
Suivant la taille et la race de l’animal, les chaleurs arrivent plus ou moins tôt, de même que la fin de la croissance. Renseignez-vous auprès de votre vétérinaire pour savoir exactement quand l’opérer, sans que cela n’advienne ni trop tôt ni trop tard, au risque de mettre sa santé en péril. Chez les femelles Shibas, l’âge conseillé pour pratiquer l’intervention se situe entre cinq mois et demi, et six mois. Mais demandez tout de même l’avis de votre vétérinaire.
Deux types d’opérations peuvent être effectuées sur votre pupuce. La première, et la plus lourde, s’appelle l’ovariohystérectomie et consiste en une ablation des ovaires ainsi que de l’utérus. Elle est conseillée en prévention des maladies (comme la très grave infection utérine « pyomètre ») et tumeurs de l’utérus, mais si votre petite Shiba n’a pas de prédisposition particulière à ce niveau, nous vous conseillons d’opter plutôt pour l’autre solution : l'ovariectomie (amputation chirurgicale des seuls ovaires).
Déroulement de l’ovariectomie
La chienne est d’abord tranquillisée, avec l’administration d’un anxiolytique. Environ une heure plus tard, un carré de poils d’environ 10 cm sur 10 cm est enlevé à l’aide d’une tondeuse sur une de ses pattes, et on la perfuse avec des sédatifs et un anesthésique. Puis, on rase et on désinfecte les parties de son corps qui seront ouvertes avant de l’endormir pour de bon, en l’intubant. L’intubation permet la diffusion continue d’un gaz anesthésique pendant toute la procédure chirurgicale.
Le vétérinaire incise alors la peau et les chairs de la chienne pour atteindre et retirer les ovaires. Deux méthodes sont pratiquées : une extraction par les flancs (déconseillée pour les chiens de race, car la repousse des poils sur les cicatrices se fait généralement dans une couleur différente et cela se verra sur la robe de l’animal) ; et une autre sous le ventre (plus discret pour la repousse des poils à couleurs variables, et plus protégé des chocs et contacts extérieurs que les flancs).
Le vétérinaire recoud ensuite les plaies, en général avec des fils non résorbables, car ces derniers sont plus solides. Quelques minutes seulement après la fin de l’opération, la chienne se réveille. Elle est encore groggy, mais remarche assez rapidement. Kayma (sur les photos) a été sortie pour un pipi seulement une ou deux heures après avoir été réveillée.
On emmène généralement sa chienne le matin vers neuf heures, et on la récupère l’après midi vers seize heures, encore somnolente.
Kayma, somnolente en rentrant de son opération
Détail du pansement protégeant la suture
Dans les 48 heures suivant son retour à la maison, la chienne se déplace en titubant et dort presque 24h/24. On lui pose un cornet pour éviter qu’elle ne se gratte (et par là ne réouvre ou infecte les endroits suturés). Dès le troisième jour, la chienne redevient vive (même si elle ne gambade pas encore) et joueuse.
Le cornet, sauveur des fils et cauchemar du chien
Quinze jours plus tard, il faut retourner chez le vétérinaire faire retirer les fils, car la plaie est désormais totalement cicatrisée. Cela se passe en moins de cinq minutes (sous réserve d’une bonne cicatrisation) et cela semble indolore pour le chien. Il n’y a pas la moindre goutte de sang.
Kayma, sage lorsqu'on lui retire ses fils...
La plaie cicatrisée, une fois les fils enlevés
Une fois les fils enlevés, la peau de la chienne reste nue environ un mois et demi, puis les poils repoussent d’un seul coup, très rapidement. Et l’opération n’est alors plus qu’un mauvais souvenir…
Les avantages et inconvénients de la stérilisation canine
Sur un plan médical, la stérilisation protège la chienne des maladies dues à l'action de ses hormones sexuelles et des kystes sur les ovaires.
Au niveau comportemental, elle évite les phénomènes de grossesses nerveuses, réduit les risques de fugues et empêche la survenue de portées non désirées. Elle est de surcroît indispensable pour la chienne diabétique (cette maladie ne pouvant être stabilisée en présence des hormones sexuelles).
Il est à noter que la rumeur tenace voulant qu’une chienne ait besoin d’être mère au moins une fois dans sa vie pour se sentir épanouie, est totalement fausse.
LA CASTRATION DES MÂLES
La castration des mâles est une opération plus bénigne et légère que la stérilisation de leurs homologues féminins. Elle permet d’éviter les fugues et bagarres à fins sexuelles, de même que les ardeurs des chiens n’hésitant pas à traîner leurs maîtres dans la rue à cause d’un désir frénétique déclenché par la proximité d’une femelle.
Elle anéantit également le risque de tumeurs des testicules et d'hypertrophie bénigne de la prostate.
Votre chien sera globalement plus calme une fois qu’il ne sera plus entier, mais pourra par contre y « gagner » une tendance à l’embonpoint du fait des modifications de son métabolisme. Pour certains gourmands, une surveillance du poids, une alimentation adaptée (rations réduites, aliments allégés) et un exercice quotidien pourront être nécessaires. Les Shibas Inus y sont cependant généralement peu sujets, contrairement à d’autres races.
Déroulement de la castration
Le chien est endormi puis intubé (avec du gaz anesthésique volatile permettant un dosage très pointu de l'anesthésie tout au long de l'opération) puis placé en position pour l’opération : ses quatre pattes sont attachées, chacune à un coin de la table d’opération, en « étoile ». Puis la zone qui sera ouverte est rasée et désinfectée.
Le vétérinaire pratique alors une petite incision par laquelle il fera sortir les testicules. Ces derniers sont entourés d’une membrane de protection individuelle, qui doit être également incisée pour permettre l’accès au testicule. Une fois un testicule extrait de l’abdomen du chien, il faut suturer cette membrane, puis recommencer avec l’autre glande reproductrice. Le tout terminé, le vétérinaire recoud la peau et coupe le gaz anesthésique, tout en laissant le chien intubé avec de l'oxygène, tant qu'il ne se réveille pas.
La plaie est copieusement désinfectée puis recouverte par un pansement (qui devra tenter de survivre aussi longtemps que possible avant que le chien ne l’arrache).
Le patient à quatre pattes est détaché, et les professionnels de santé animale guettent son réveil pour lui enlever sa sonde. Sa sortie de la brume est alors étroitement surveillée tandis qu’on le place dans une cage individuelle.
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Voilà, maintenant que vous savez tout, à vous de prendre votre décision !